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Les francophones de la province ont fait du chemin depuis 30 ansAugust 26 2009 by Daniel Richard
 « Je me souviens de notre première école française à Penetanguishene, raconte David Bellehumeur, un résident de London. Au dernier étage du bureau de poste, très peu d’élèves, puis, nous avons fini par déménager dans une école anglaise. Encore là, les locaux du haut, des enseignants recrutés parce qu’ils avaient le préalable jugé essentiel : ils parlaient français. Au travers de tout cela, les discussions, les disputes mêmes à l’intérieur des familles : comment ça se fait que tu envoies ton gars (ta fille) là? »
David Bellehumeur peut parler de l’évolution du français en Ontario depuis 30 ans. À l’instar d’autres jeunes de son époque, il a été témoin de luttes liées au fait français . « Sur le plan sportif entre autres, les anglophones se demandaient bien ce que nous allions faire là, affirme-t-il. Ils craignaient que les francophones sèment le trouble ou qu’ils ne soient pas à la hauteur. »
À force de performer et de ne pas céder un pouce de terrain, les Franco-Ontariens ont fait leur chemin. « Mais encore là, lorsque j’ai commencé à enseigner en éducation physique, je me suis rendu compte que mes joueurs, après une année ou deux du côté français, passaient du côté anglophone. J’entrais dans les classes d’éducation physique en anglais et j’entendais Bonjour, Monsieur! »
De nos jours, la question de la présence francophone à London a pris une allure différente, notamment au chapitre des sports. Selon M. Bellehumeur, « grâce au programme de volley-ball mis en place à Mgr-Bruyère/CCRL, nous avons développé des équipes vraiment compétitives qui gagnent leur grosse part de tournois. Cela crée un sentiment d’appartenance et de fierté et même les équipes anglophones adverses considèrent ce que l’on fait comme tout à fait spécial. »
David Bellehumeur réalise aussi qu’il s’agit d’une lutte qui ne cessera jamais. Cependant, cette adversité persistante force les francophones de London à demeurer vigilants et alertes pour s’assurer de préserver les acquis et de développer de nouvelles activités rassembleuses et auxquelles le plus grand nombre de participants peuvent contribuer. « Pourquoi se contenter de faire jouer 12 personnes si tu peux en mettre 24 sur le terrain », conclut M. Bellehumeur.
Photo : David Bellehumeur Back
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