Rentrée scolaire : la bonne et la mauvaise nouvelle

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La bonne nouvelle de cette rentrée scolaire dans le Sud-Ontarien, c’est qu’une nouvelle fois, le nombre d’écoles et d’inscriptions est à la hausse. La mauvaise, c’est que le gouvernement fait planer sur les conseils scolaires un possible gel des constructions et des réparations des établissements.

Au total, plus de 105 000 élèves de la 1er à la 12e année retrouveront les bancs d’école francophones en Ontario. En constante progression depuis 20 ans et la création des conseils scolaires de langue française, ces chiffres rendent la communauté très optimiste, comme en témoignent les nombreux autres chantiers en cours à Toronto, Richmond Hill, Peterborough, Scarborough, Milton et
Hamilton.

Déjà financées et bien avancées, ces futures écoles ont toutes les chances d’ouvrir selon le calendrier annoncé. Mais en sera-t-il de même pour les projets futurs, alors que le gouvernement de l’Ontario vient d’annoncer un gel des constructions?

Le premier ministre Doug Ford a en effet annulé, début juillet, un fonds de 100 millions $, conséquence directe de l’abolition du système de plafonnement et d’échange du carbone, une promesse de campagne électorale. Or ce programme de taxation devait générer des recettes de près de 2 milliards $ réinvesties dans des projets qui réduisent la pollution au gaz à effet de serre, telle la construction de bâtiments à haute efficacité énergétique.
« Pour assurer une liquidation ordonnée des programmes financés par le biais de la taxe carbone sur le plafonnement et l’échange, le gouvernement honorera les arrangements dans lesquels des contrats ont déjà été signés et des commandes ont déjà été passées, a précisé dans un communiqué le porte-parole du premier ministre, Simon Jefferies. Les décisions de poursuivre les initiatives spécifiques seront prises au cas par cas. »

Autrement dit, les projets enclenchés avant le 3 juillet pourraient selon toute vraisemblance passer au travers des mailles du filet gouvernemental mais les prochaines années pourraient être marquées par des ralentissements, voire des abandons de construction de nouvelles écoles.

Du côté des conseils scolaires, les budgets ont été adoptés en juin dernier et on ne se prononce pas tant qu’on n’a pas de directives claires du ministère. Il en est de même sur la question du curriculum qui a fait ces dernières semaines l’objet de nombreuses déclarations, annonces et spéculations, à l’image de la controverse sur le programme d’éducation sexuelle.

Une chose est sûre, pour continuer sa croissance, la communauté francophone a besoin de stabilité et de perspective. Face à la concurrence anglophone, la construction d’écoles avec des équipements modernes et des enseignants qualifiés dans des régions non ou mal desservies constitue la clé de voûte de la stratégie de développement des conseils scolaires de langue française, bien obligés pour l’heure de naviguer à vue.